lundi 10 février 2014

Rencontres autour du Boutis

Les 8 et 9 Mars 2014 ont lieu à Pierrefeu du Var, les 9 èmes Rencontres autour du Boutis.
Une bien belle manifestation organisée par "lei Roucas dou Barri", sous le patronnage de "France Boutis", gage de qualité.
"Mémoires Tissées" y sera et fera des démonstrations de Restauration de Boutis et de Piqués.
 26 groupes et boutisseuses indépendantes vous présenteront leurs plus belles œuvres.
 Vous trouverez tous les renseignements dont vous avez besoin sur : http://arts-culture-traditions-provencales.overblog.com/
Nous vous souhaitons donc nombreux pour ces rencontres conviviales et passionnantes.



mardi 21 mai 2013

Restauration de Mitages : Tapis Belouch

 Les larves de mites provoquent des dégâts  importants sur les textiles en se nourrissant de leur matière. Ce sont, la plupart du temps, des trous assez localisés avec souvent atteinte aux chaînes et trames, quand elles sont en laine.

Toutes les restaurations de mitages commencent par un parfait nettoyage et une désinsectisation totale du textile à traiter. 

Ensuite, après reconstitution des chaînes et trames abimées, les nœuds manquants seront refaits, en respectant les motifs et les couleurs originelles.

 

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lundi 20 mai 2013

Une belle surprise (suite)

Dans un précédent billet, je vous faisais part d'une belle surprise provenant d'un carton de fragments de "vieux tissus". Voici la suite de cette histoire.

Or donc, encore tout excité par la découverte de ces morceaux d'Indienne d'un si beau jaune, je m'empressais de continuer mon exploration.

Ma deuxième trouvaille était une pièce matelassée de 1 mètre par 80 cm présentant un décor à 3 types de rayures, et seulement 3 couleurs, peut-être un Chafarcani ?


Les bandes les plus sombres, d'un beau fond brun aubergine (Garance ?) comprenant des Boteh jaunes et des bouquets de 4 fleurs blanches sont rehaussées de nombreux petits traits rouges.

Les bandes jaunes et les blanches composées de petits motifs géométriques du même brun aubergine sont elles aussi complétées par ces petits traits rouges.


Le décor est caractéristique des fameux Chafarcani du Levant, mais certains furent fabriqués à Marseille, particulièrement après la venue d'artisans arméniens d'Alep où étaient installés les principaux ateliers de fabrication.

L'observation rapprochée du tissage m'en dirait peut-être plus.



Les fibres sont irrégulières et ressemblent à celles des cotonnades orientales, le tissage n'est pas très fin, mais n'a pas l'aspect des guinées, ces toiles grossières qui servaient en Occident à doubler les ouvrages matelassés.


Les teintures sont à la fois, à la réserve et, pour les rouges, sont posées au tampon de bois. Ces techniques étaient employées en Orient, mais il est certain que les artisans venus du Levant amenèrent avec eux leur savoir-faire et le matériel nécessaire à la fabrication qui se devait d'être en tout point conforme à l'original.

Donc le mystère restait entier quant à la provenance précise du tissu.

Pour ce qui est du matelassage, par contre, la qualité du coton de rembourrage contenant beaucoup de cosses, indique qu'il s'agit d'un coton américain provenant d'une récolte mécanisée (et ce dès la fin du XVIII ème siècle).
Le coton égyptien était récolté à la main et garantissait une plus grande pureté ainsi qu'une fibre plus blanche.
Ce qui signifie que, quelque soit la provenance du tissu, cette pièce a été matelassée à Marseille, où l'on pouvait utiliser indifféremment les deux qualités, en fonction de choix économiques ( le coton américain était moins cher), alors qu'au Levant, seul le coton égyptien était employé.


 Et enfin, derniers élément troublants, le piquage est longitudinal, dans le sens des rayures et non en losanges ou carrés comme traditionnellement dans nos régions et les deux faces sont du même tissu, alors que les chafarcani de ce type servaient surtout de doublure.

En résumé, cette pièce est de la fin du XVIII ème ou du début du XIX ème siècle et mon sentiment personnel est qu'elle fut réalisée en Provence par un artisan levantin.

J'avoue ne pas en savoir plus, mais quoiqu'il en soit, sa beauté et son mystère m'ont touché au plus haut point.

Décidément ce cadeau se révélait de plus en plus précieux.
Et ce n'était pas fini, le carton n'était pas encore vide

à suivre...


Fragments d'étoffes # 1

Ces fragments de tissages rares et précieux, montés sous verre ou entre deux verres restituent l'essence même de l'œuvre textile originelle.
Toutes les pièces sont uniques et authentifiées par un certificat attestant de leur âge et de leur provenance.
Les prix sont sur demande, en mentionnant le # de la pièce.

# 1 : Jupe piquée rebrodée au point de Beauvais.

C'est au milieu du XVIII ème siècle qu'apparut l'idée de rebroder le bas des jupes piquées au point de Beauvais. Ces broderies, souvent de laine étaient exécutées après le montage de la jupe. Elles nécessitaient beaucoup de talent de la part des brodeuses et étaient donc l'apanage des familles aisées

Le décor de cette pièce présente des ramages végétaux et des fleurs en vogue à cette époque, œillets, pivoines...
Les couleurs de ces broderies de laine très fine, sont restées d'une grande fraicheur.


Le choix du cadre en bois naturel et de la marie louise en coton, créent une belle harmonie avec l'étoffe. Le verre employé, anti-reflet et anti-uv dénote du soin extrême apporté à cette réalisation.
Dimensions totales : 0.57 m x 0.62 m




Un tissu rare du XVIII ème siècle, dans un écrin soigné.
Un beau cadeau déco à se faire !


jeudi 16 mai 2013

Une belle surprise

Il y a quelques mois, Sœur Emma, une amie de la famille, m'offrait un grand carton de "morceaux de vieux tissus...dont tu pourras sûrement faire quelque chose puisque c'est ta partie." Après avoir remercié et souhaité une bonne retraite à sœur Emma qui s'est tant dévouée pour les pauvres du village, je déposai son cadeau dans le local ou je stocke diverses chutes et morceaux de tissus anciens en vue de réemploi ultérieur pour des restaurations nécessitant ce type de matières. J'avais bien vu dépasser quelques morceaux de piqués mais j'avoue ne pas m'être vraiment penché sur le contenu de ce carton.
Ce n'est que quelques jours avant une exposition consacrée aux jupes et couvertures piquées, en préparant mon matériel, que le souvenir  fugace d'avoir entraperçu de belles couleurs me revint. Une sorte de "flash" qui se produit souvent quand on déniche une belle pièce au milieu d'autres et qui opère avant même que l'analyse et la réflexion ne viennent confirmer votre intuition. Une réaction quasi-instinctive, basée pour ma part sur la qualité des couleurs et le ressenti de leur harmonie, qui alerte le cerveau en premier lieu.
Fort de l’idée qu'on doit toujours écouter son instinct (surtout s'il est forgé par une trentaine d'années de pratique et d'observation attentive), je décidai d'aller explorer ce carton qui devenait peu à peu dans ma tête, un carton à trésors potentiels.
Premier contact, 3 fragments de couverture dont l'envers est une Indienne de grands Boteh fleuris à fond jaune d'une chaleur et d'une profondeur qui me font tout de suite comprendre que je suis en présence d'un jaune Curcuma ou Safran.


Des rouges puissants certainement issus de la Garance ainsi que des bleus à base de Pastel m'indiquent qu'il y a tout lieu de croire que cette Indienne est du XIX ème siècle.


Le décor de l'endroit, en bandes de motifs de boucliers et de rideaux à glands rouges sur fond brun confirme cette idée et me permet encore d'affiner mon analyse. De plus la qualité de l'impression est très belle, fine et précise.


Tous ces éléments me font finalement penser que cette couverture a certainement été faite au milieu du XIX ème siècle.

Belle découverte ! Bien que ce ne soit que des fragments, ils ont incontestablement valeur de documents et de plus me permettront de restaurer des pièces du même type ou de la même époque. Une aubaine quand on sait que pour ce type de travail, le plus difficile est de trouver de la matière permettant le remplacement des parties usées.

Mais je n'étais pas au bout de mes surprises...Le fameux carton semblait encore contenir des trésors cachés.

à suivre...

vendredi 26 avril 2013

Aigu'illes en Luberon

Sur la route de la création textile

 

Les 9, 10,11 et 12 mai 2013, treize villages de la Vallées d'Aigues dans le Vaucluse à 25 kilomètres d'Aix en Provence vous invitent sur la route de la création textile ... une trentaine d'expositions, Les villages de la communauté des communes Luberon Durance, recevront les troisièmes rencontres internationales de Patchwork et Arts Textiles, organisées par l'association Histoires de boites à couture.


Pour la nouvelle édition de cet évènement, désormais incontournable, 

Mémoires Tissées vous accueillera  à VILLELAURE, dans la salle polyvalente.

 

Vous pourrez assister en direct à des démonstrations de savoir-faire, autour de la restauration de textiles anciens. 

Des conseils vous seront donnés pour l'entretien et la conservation de vos textiles. 

Des devis et estimations vous seront proposés sur demande et, bien sûr, toujours gracieusement.

 

Une belle occasion de balade et de rencontres enrichissantes, au cœur du Luberon pour les amoureux du textile et de la création.

 

Pour tout renseignement :  www.aiguilles-en-luberon.com

 

 

mercredi 20 mars 2013

La Mite

Enfin le Printemps et les beaux jours qui reviennent, finie la grisaille et les éclairages électriques, les couleurs sont à nouveau éclatantes. Nous allons,enfin, pouvoir recommencer à chiner sur les petites brocantes...
Mais attention, ce nouveau bonheur annonce aussi le retour d'un de nos pires ennemis...la Mite !
Alors pour savourer en paix ce renouveau, je vais faire pour vous, le point sur cette horrible petite bête et sur les moyens d'en limiter les dégâts.

LA MITE

La mite des vêtements, est une espèce de petit papillon blanc d'environ 7 à 10 mm. Elle appartient aux insectes kératophages, capables de se nourrir de la kératine, une protéine présente dans les poils, plumes et cuticules de nombreux animaux.
Les mites s'attaquent aux textiles, tapis ou habits constitués de fibres d'origine animale, comme la laine ou la soie, mais aussi dans certains cas au coton et au lin.
Elles peuvent donc causer d'importants et irréversibles dégâts sur les textiles, textiles anciens, fourrures, objets en plumes, collections d'insectes ou d'animaux naturalisés, avec des pertes de matériel d'une importance esthétique, historique ou scientifique fort dommageables et qui demanderont une véritable restauration .




 













!! ATTENTION !! 

Quand vous voyez voler des mites, 
il est peut être déjà trop tard !
Ce ne sont pas les mites adultes qui rongent vos pulls 
et vos tapis, mais leurs larves.
Les mesures à prendre concerneront donc 
les œufs et les larves et se feront à la belle saison.

TRAITEMENTS

Une femelle pond plusieurs centaines d’œufs au cours de sa vie, dans des emplacements leur donnant les meilleures chances de survie. Elle détecte, au moyen de bio-senseurs de type goût/odorat, des molécules volatiles la guidant vers les milieux de ponte (fibres naturelles ou matières animales). 
D'où l'intérêt d'utiliser des antimites odorants, tels que des tablettes de camphre chinois, du bois de cèdre (à ré imprégner d'essence tous les 2 ans), des sachets de lavande séchée ou un bocal ouvert contenant des clous de girofle. Ne ranger que du linge propre, la sueur humaine les attire aussi.

Ombre, chaleur, humidité et nourriture abondante étant ses principaux critères de choix, ils seront donc aussi ceux de vos recherches des larves.
Aérez et nettoyez vos armoires. Secouez votre linge et repliez le régulièrement.

Les œufs, plus ou moins groupés sont attachés au substrat avec une substance collante blanche.
Vous devez gratter et aspirer cette substance pour l'éliminer ainsi que les œufs qu'elle contient.




 















Après l'éclosion, la larve se met immédiatement en quête de nourriture et est extrêmement vorace.

Elle se transformera en papillon en moins de deux mois si les conditions lui sont favorables, mais peut hiberner ou entrer en léthargie (jusqu'à 2 ans !) quand ces conditions sont moins bonnes. 
Ce qui explique l’intérêt de traitements préventifs réguliers.


Les adultes et plus encore les larves sont lucifuges (préfèrent l'ombre à la lumière), placées dans un lieu bien éclairé, elles vont tenter de gagner l'envers des tapis et des tapisseries, les piles de tissus dans les armoires, les vieilles malles etc. .
Exposer, à l'air et au soleil, ses tapis et ses tissages 1 ou 2 journées par an (sur les 2 faces), faire sécher ses vêtements en plein soleil sont aussi d'excellents moyens de prévention.

Enfin, un rinçage à l'eau vinaigrée, 2 fois par an, en complément des mesures pré-citées, vous éviteront tout problème d'infestation.

Recette : 2 verres de vinaigre blanc (d'alcool) dans 4/5 litres d'eau froide.
Aspirez parfaitement votre tapis à l'envers et à l'endroit puis à l'aide d'une brosse souple (brosse à habits) frottez votre tapis en tous sens, en l'humectant généreusement, sur les 2 faces (sans l'inonder toutefois), laisser sécher à plat en glissant des cales en dessous pour que l'air circule (manches à balai, caillebotis...) puis une fois sec, relisser le poil dans le sens du velours.

Votre tapis ne craint plus les mites et ses couleurs sont ravivées.