mardi 12 mai 2015

Chroniques de Restauration : AUBUSSON # 1

Cette première "Chronique de Restauration" concerne une tapisserie d'Aubusson 
en laine et soie, de type Verdure Pastorale, dans le style du XVIIIème siècle.
 

































     Cette pièce était très abimée et présentait d'importantes dégradations des parties en soie, dues certainement à de mauvaises conditions de conservation. Elle est restée longtemps dans une cave avant d'être de nouveau exposée dans une pièce correctement ventilée, ce qui a été préjudiciable aux fibres de soie qui supportent mal les écarts de température et surtout d'hygrométrie. La soie se pulverisait au toucher, laissant apparaître des chaînes cassées, déchirées et souvent remplacées de manière peu professionnelle.





 Les motifs en laine brun foncé étaient aussi en très mauvais état ce qui est assez fréquent sur ces pièces anciennes. Les colorants employés pour créer les bruns foncés et les noirs contenaient souvent de l'oxyde de fer qui à la longue, rongeait la laine.



      De nombreuses parties du centre, dans les feuillages, derrière les personnages, et sur l'ensemble de la bordure extérieure bleue, ont été retissées mais les couleurs des laines employées ont viré, laissant apparaître des couleurs inadéquates.



     De nombreux petits trous parsemaient la tapisserie et étaient à rentrayer (reconstituer en repassant les fils de chaîne) et à retisser



     Les relais avaient lâché sur l'ensemble de la tapisserie entraînant des déformations importantes et à certains endroits des déchirures.



     La doublure ne faisait plus son office de soutien, les coutures ayant laché.



     De plus cette pièce était très sale et nécessitait un lavage en profondeur avant toute opération de restauration.

     Il a donc été établi un devis de Restauration comprenant :
-  Dépose de la doublure
-  Conservation préventive sur les parties abîmées
-  Nettoyage : Lavage à grande eau additionnée de savon naturel doux (noix d'Inde)
-  Rinçage à l'eau vinaigrée
-  Repasse des chaînes manquantes
-  Resconstitution des motifs en soie
-  Reconstitution des contours et motifs bruns
-  Retissage des zones décolorées (feuillage et ciel)
-  Rentrayage des petits trous
-  Couture des relais sur l'envers
-  Repose de la doublure et coutures de soutien
-  Repose du système de fixation


      C'est l'ensemble de ces opérations de restauration que je détaillerai dans les billets suivants...

lundi 10 février 2014

Rencontres autour du Boutis

Les 8 et 9 Mars 2014 ont lieu à Pierrefeu du Var, les 9 èmes Rencontres autour du Boutis.
Une bien belle manifestation organisée par "lei Roucas dou Barri", sous le patronnage de "France Boutis", gage de qualité.
"Mémoires Tissées" y sera et fera des démonstrations de Restauration de Boutis et de Piqués.
 26 groupes et boutisseuses indépendantes vous présenteront leurs plus belles œuvres.
 Vous trouverez tous les renseignements dont vous avez besoin sur : http://arts-culture-traditions-provencales.overblog.com/
Nous vous souhaitons donc nombreux pour ces rencontres conviviales et passionnantes.



mardi 21 mai 2013

Restauration de Mitages : Tapis Belouch

 Les larves de mites provoquent des dégâts  importants sur les textiles en se nourrissant de leur matière. Ce sont, la plupart du temps, des trous assez localisés avec souvent atteinte aux chaînes et trames, quand elles sont en laine.

Toutes les restaurations de mitages commencent par un parfait nettoyage et une désinsectisation totale du textile à traiter. 

Ensuite, après reconstitution des chaînes et trames abimées, les nœuds manquants seront refaits, en respectant les motifs et les couleurs originelles.

 

                                                    avant

 



                                                    après

                                                    
                                                      avant



                                                   après


avant

   

après

 

                                                                 


lundi 20 mai 2013

Une belle surprise (suite)

Dans un précédent billet, je vous faisais part d'une belle surprise provenant d'un carton de fragments de "vieux tissus". Voici la suite de cette histoire.

Or donc, encore tout excité par la découverte de ces morceaux d'Indienne d'un si beau jaune, je m'empressais de continuer mon exploration.

Ma deuxième trouvaille était une pièce matelassée de 1 mètre par 80 cm présentant un décor à 3 types de rayures, et seulement 3 couleurs, peut-être un Chafarcani ?


Les bandes les plus sombres, d'un beau fond brun aubergine (Garance ?) comprenant des Boteh jaunes et des bouquets de 4 fleurs blanches sont rehaussées de nombreux petits traits rouges.

Les bandes jaunes et les blanches composées de petits motifs géométriques du même brun aubergine sont elles aussi complétées par ces petits traits rouges.


Le décor est caractéristique des fameux Chafarcani du Levant, mais certains furent fabriqués à Marseille, particulièrement après la venue d'artisans arméniens d'Alep où étaient installés les principaux ateliers de fabrication.

L'observation rapprochée du tissage m'en dirait peut-être plus.



Les fibres sont irrégulières et ressemblent à celles des cotonnades orientales, le tissage n'est pas très fin, mais n'a pas l'aspect des guinées, ces toiles grossières qui servaient en Occident à doubler les ouvrages matelassés.


Les teintures sont à la fois, à la réserve et, pour les rouges, sont posées au tampon de bois. Ces techniques étaient employées en Orient, mais il est certain que les artisans venus du Levant amenèrent avec eux leur savoir-faire et le matériel nécessaire à la fabrication qui se devait d'être en tout point conforme à l'original.

Donc le mystère restait entier quant à la provenance précise du tissu.

Pour ce qui est du matelassage, par contre, la qualité du coton de rembourrage contenant beaucoup de cosses, indique qu'il s'agit d'un coton américain provenant d'une récolte mécanisée (et ce dès la fin du XVIII ème siècle).
Le coton égyptien était récolté à la main et garantissait une plus grande pureté ainsi qu'une fibre plus blanche.
Ce qui signifie que, quelque soit la provenance du tissu, cette pièce a été matelassée à Marseille, où l'on pouvait utiliser indifféremment les deux qualités, en fonction de choix économiques ( le coton américain était moins cher), alors qu'au Levant, seul le coton égyptien était employé.


 Et enfin, derniers élément troublants, le piquage est longitudinal, dans le sens des rayures et non en losanges ou carrés comme traditionnellement dans nos régions et les deux faces sont du même tissu, alors que les chafarcani de ce type servaient surtout de doublure.

En résumé, cette pièce est de la fin du XVIII ème ou du début du XIX ème siècle et mon sentiment personnel est qu'elle fut réalisée en Provence par un artisan levantin.

J'avoue ne pas en savoir plus, mais quoiqu'il en soit, sa beauté et son mystère m'ont touché au plus haut point.

Décidément ce cadeau se révélait de plus en plus précieux.
Et ce n'était pas fini, le carton n'était pas encore vide

à suivre...


Fragments d'étoffes # 1

Ces fragments de tissages rares et précieux, montés sous verre ou entre deux verres restituent l'essence même de l'œuvre textile originelle.
Toutes les pièces sont uniques et authentifiées par un certificat attestant de leur âge et de leur provenance.
Les prix sont sur demande, en mentionnant le # de la pièce.

# 1 : Jupe piquée rebrodée au point de Beauvais.

C'est au milieu du XVIII ème siècle qu'apparut l'idée de rebroder le bas des jupes piquées au point de Beauvais. Ces broderies, souvent de laine étaient exécutées après le montage de la jupe. Elles nécessitaient beaucoup de talent de la part des brodeuses et étaient donc l'apanage des familles aisées

Le décor de cette pièce présente des ramages végétaux et des fleurs en vogue à cette époque, œillets, pivoines...
Les couleurs de ces broderies de laine très fine, sont restées d'une grande fraicheur.


Le choix du cadre en bois naturel et de la marie louise en coton, créent une belle harmonie avec l'étoffe. Le verre employé, anti-reflet et anti-uv dénote du soin extrême apporté à cette réalisation.
Dimensions totales : 0.57 m x 0.62 m




Un tissu rare du XVIII ème siècle, dans un écrin soigné.
Un beau cadeau déco à se faire !


jeudi 16 mai 2013

Une belle surprise

Il y a quelques mois, Sœur Emma, une amie de la famille, m'offrait un grand carton de "morceaux de vieux tissus...dont tu pourras sûrement faire quelque chose puisque c'est ta partie." Après avoir remercié et souhaité une bonne retraite à sœur Emma qui s'est tant dévouée pour les pauvres du village, je déposai son cadeau dans le local ou je stocke diverses chutes et morceaux de tissus anciens en vue de réemploi ultérieur pour des restaurations nécessitant ce type de matières. J'avais bien vu dépasser quelques morceaux de piqués mais j'avoue ne pas m'être vraiment penché sur le contenu de ce carton.
Ce n'est que quelques jours avant une exposition consacrée aux jupes et couvertures piquées, en préparant mon matériel, que le souvenir  fugace d'avoir entraperçu de belles couleurs me revint. Une sorte de "flash" qui se produit souvent quand on déniche une belle pièce au milieu d'autres et qui opère avant même que l'analyse et la réflexion ne viennent confirmer votre intuition. Une réaction quasi-instinctive, basée pour ma part sur la qualité des couleurs et le ressenti de leur harmonie, qui alerte le cerveau en premier lieu.
Fort de l’idée qu'on doit toujours écouter son instinct (surtout s'il est forgé par une trentaine d'années de pratique et d'observation attentive), je décidai d'aller explorer ce carton qui devenait peu à peu dans ma tête, un carton à trésors potentiels.
Premier contact, 3 fragments de couverture dont l'envers est une Indienne de grands Boteh fleuris à fond jaune d'une chaleur et d'une profondeur qui me font tout de suite comprendre que je suis en présence d'un jaune Curcuma ou Safran.


Des rouges puissants certainement issus de la Garance ainsi que des bleus à base de Pastel m'indiquent qu'il y a tout lieu de croire que cette Indienne est du XIX ème siècle.


Le décor de l'endroit, en bandes de motifs de boucliers et de rideaux à glands rouges sur fond brun confirme cette idée et me permet encore d'affiner mon analyse. De plus la qualité de l'impression est très belle, fine et précise.


Tous ces éléments me font finalement penser que cette couverture a certainement été faite au milieu du XIX ème siècle.

Belle découverte ! Bien que ce ne soit que des fragments, ils ont incontestablement valeur de documents et de plus me permettront de restaurer des pièces du même type ou de la même époque. Une aubaine quand on sait que pour ce type de travail, le plus difficile est de trouver de la matière permettant le remplacement des parties usées.

Mais je n'étais pas au bout de mes surprises...Le fameux carton semblait encore contenir des trésors cachés.

à suivre...

vendredi 26 avril 2013

Aigu'illes en Luberon

Sur la route de la création textile

 

Les 9, 10,11 et 12 mai 2013, treize villages de la Vallées d'Aigues dans le Vaucluse à 25 kilomètres d'Aix en Provence vous invitent sur la route de la création textile ... une trentaine d'expositions, Les villages de la communauté des communes Luberon Durance, recevront les troisièmes rencontres internationales de Patchwork et Arts Textiles, organisées par l'association Histoires de boites à couture.


Pour la nouvelle édition de cet évènement, désormais incontournable, 

Mémoires Tissées vous accueillera  à VILLELAURE, dans la salle polyvalente.

 

Vous pourrez assister en direct à des démonstrations de savoir-faire, autour de la restauration de textiles anciens. 

Des conseils vous seront donnés pour l'entretien et la conservation de vos textiles. 

Des devis et estimations vous seront proposés sur demande et, bien sûr, toujours gracieusement.

 

Une belle occasion de balade et de rencontres enrichissantes, au cœur du Luberon pour les amoureux du textile et de la création.

 

Pour tout renseignement :  www.aiguilles-en-luberon.com